DÉMARCHE ARTISTIQUE

Présentation

Marion Chombart de Lauwe a développé et épanoui son parcours artistique dans un contexte pluridisciplinaire et de mariage entre le spectacle vivant et les arts visuels.

Formée au théâtre à partir de 1999 parallèlement à des études d’anthropologie, elle se consacre une dizaine d’année aux arts de la scène en tant que comédienne. Sa pratique continue du dessin et des arts plastiques la conduise à réaliser de nombreuses formes visuelles s’adaptant aux projets pour lesquels elle s’engage.

C’est en 2010 à Paris, qu’elle débute sa pratique de la gravure en taille-douce. Cette expérience lui permettra de développer son axe de travail autour du transfert d’un support à un autre. Intégrant le monde des FabLab, elle s’approprie également les outils numériques et se consacre à un projet artistique d’envergure autour de l’architecture et de la mémoire des paysages urbains métamorphosés : Dernières heures des bâtiments.

Elle y dessine le processus de transformation de lieux en cours de disparition ou de réhabilitation, puis grave l’empreinte de ces instants éphémères sur les matériaux issus des bâtiments eux-mêmes. Inscrivant ainsi un récit subjectif pour une archéologie du futur, elle installe si possible, les œuvres-mémoires dans l’espace public proche des paysages représentés.

Son travail s'inscrit dans une démarche libre et atypique, s’efforçant de prendre la température de ce monde à travers l'espace et sa représentation, gérant si possible avec poésie et sincérité, les paradoxes et complexités d'une société en mutation.

TEXTE DE ANNE ROLAND

Un regard d'architecte

Marion Chombart de Lauwe aborde un territoire ou un lieu à travers un point de vue bien particulier : sa dernière heure. Elle entend par là, le moment de sa démolition, le présentant comme un état provisoire, un instant fragile entre deux instants stables. C’est cet entre-deux qui l’intéresse, intervalle où vient se nicher la question de la disparition d’un lieu, de sa mémoire. Elle cherche à capter le moment précis où le bâtiment et son histoire vont s’effacer pour laisser place à autre chose et évoque l’idée de lieu en mutation où le temps de la démolition se présente comme un objet aux multiples facettes qu’il faut étudier et observer comme on analyse les us et coutumes d’une population ou d’un milieu.

Une démolition à quelque chose de dramatique, de brutal. On peut y percevoir aussi beaucoup de mystère et de poésie. Une telle immersion lui permettrait-elle de se situer à la frontière de ces deux sentiments ? Cet instant perçu comme brutal va-t-il, finalement, révéler le lieu ?

Pour chaque bâtiment, elle met en place le même protocole de travail. Elle repère les lieux et prend contact pour y avoir accès. Puis, elle s’inscrit dans un temps présent du chantier, dialogue avec les acteurs de la démolition, décideurs comme ouvriers, explique sa démarche et s’informe de l’avancée des démolitions. Un ancrage nécessaire dans la réalité du projet afin d’être au cœur de son sujet et de son observation.

C’est par le dessin qu’elle tente de capter ces instants ; munie d’un carnet et d’un stylo. Peut-être une manière d’être dans l’immédiateté du chantier. Temps et persévérance sont nécessaires car il lui faut être là, malgré la pluie ou le froid. Il lui faut s’inscrire dans le rythme du chantier afin de saisir quelques états provisoires et capter au mieux la métamorphose.

Parallèlement au dessin, elle procède au repérage et à la collecte de matériaux susceptibles de devenir le support de son travail de gravure  : panneaux de métal, plinthes, porte, bois, tommettes…. Chaque lieu apporte sa richesse de matières. Les ouvriers, devenus ses alliés, l’aident dans cette quête.

Il s’en suit un travail loin du chantier, comme pour imposer un recul nécessaire à la création. En atelier, une nouvelle aventure commence, celle de la gravure, telle une exploration archéologique de toute cette matière collectée. La gravure laser y est son outil principal. La matière se dévoile. Métal, bois, strates de peinture deviennent support d’expérimentation.

Jusqu’à présent, Marion Chombart de Lauwe a investi quatre lieux : l’usine de chauffage urbain de la Villette à Paris (années 60), les anciens entrepôts de la chambre de commerce à Pantin (1929), l’ancienne fabrique de glace à Nantes (années 20), le château de Romainville (XVIIe siècle) et dernièrement l'usine de la Rhodia à Besançon. Il s’agit bien là d’histoires différentes, d’échelles différentes, où l’adaptation est un impératif. Chaque exploration de bâtiment lui a permis de renouveler et de faire évoluer son projet. Des collectes sonores et photographiques ont depuis complétées son inventaire dessiné.

Ainsi, elle créé elle-même son champs d’action et de création, et tente de s’affranchir de tout cadre préétabli. Une démarche cohérente lorsque l’on prend connaissance de son parcours : études d’anthropologie, théâtre, graphisme, dessin ou encore gravure. Autant d’outils et d’expériences qui lui permettent de capter la complexité d’un monde en perpétuelle mutation.

Anne Roland

PRESS RELEASE EXHIBITION

An exhibition of work in Signal Arts Centre

Affiche Marion Chombart de Lauwe : exposition de dessin

Signal Arts Centre is proud to present a solo exhibition of works by French artist Marion Chombart de Lauwe. A former anthropology student who later spent months sketching the treasures on display at the Natural History Museum in Toulouse, Chombart de Lauwe now turns this detail and observation into a new series of line drawings depicting urban landscapes in demolition, recently called «A work of dissection, worthy of entomology plates,» by L'Architecture d'Aujourd'hui Magazine.

For this exhibition Marion explores a sense of spontaneity in drawing. Her biological depictions of urban landscapes are presented in stark contrast alongside other works that embrace the frivolousness of imagination. These vibrant works retain hints of scientific influence mixed with outsider art, where elements are taken from their original place and put elsewhere, creating a subjective landscape.

The result is Exaggerated Realities, a cabinet of curiosities featuring a number of contemporary drawings and paintings inspired by the real as much as its deformations, where urban landscapes stand alongside giant bees and frescos of strange and bubbling characters.

Statement

I'm mostly interested in drawing. This allows a certain mobility. It's this simple and instinctive mode of taking what's in sight, exploring and tracing a world to live inside. Elements are taken from their original place to be put elsewhere, so as to create a subjective landscape; taking in again and again what's under my eyes in order to make it familiar.

On one hand I launch into a continuous wandering, accumulating a great amount of lines and forms in the process. This creates an impression of realistic elements, pieced together on a clearly inferior scale, and ultimately reconstituted into a final transformation. This can be assimilated to naturalistic drawings of Natural Sciences in which exaggeration soon occurs. I usually draw outside seeking the right spot where from to make my point, often spending a long time in the process while collecting samples. Once this done I would then draw for hours.

On the other hand, in a chaotic outpouring of less organized signs, my feelings find their own way to express themselves. Letting my pen find its own way for a spontaneous development of lines and thoughts, I shake an inside universe where flow remnants of the outside world, mistakes and imperfections being then possibly used as road signs. Transposition is an element leading to the shaping of a map, introducing a sense of humor and joy as tools for a critical point of view.

Both approaches work together; one putting me directly in connection with what I see, the other slightly unexpected.

I waver between catching the characteristics of perceivable reality and welcoming the frivolousness of imagination. As something always escapes me there's no real end to the process of transformation. The distortion of the drawing is revealing. Between the real and its translation there is a sort of game. There is space to breathe, to see and feel, a space of its own but of a universal nature.

Remerciements

Very special thanks to : Aoife FitzGerald · Artilect Toulouse · Carine Cothias · Chateau Bonnet · The FitzGegarlds · The Flanagans · Francine et Loïc Chombart de lauwe · Gwénaël Jézéquel · Jean-René et Daniele Jézéquel · Jessica Cardinale · Julien Vouilloux · The Mac Allisters · Nadège Missoup · Signal arts centre · Thomas Chombart de lauwe · William Lefevre.

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